FORCE (DE) LOI
Dualité uni-latérale - EE, 2000 - 332 - L'homme existe, dans son rapport à l'éthique, comme FL mais l'existence est une uni-lation transcendantale plutôt qu'une relation et qui s'ajoute à sa cause sans rien ajouter de réel à celle-ci. IL n'y a plus de définition éthique possible de l'homme, de "vision morale du monde" (...). - 333 - On rappellera que la FL, si elle est identique à l'autre-Etranger, est l'identité (d') un Autre que la Loi philosophique, séparée en-dernière-instance de l'état mixte de celle-ci. L'altérité à la Loi ne suffit pas à déterminer la FL, si elle n'est pas spécifiée dans sa radicalité à la fois, s'il faut le dire ainsi, comme Autre que de... (la Loi) et non seulement comme Autre de (la Loi), et comme identité ou Un (de) cet Autre, Un qui lui apporte justement la détermination de l'être-forclos. - Axiome 1. L'homme comme Réel est en-homme et n'est donc pas déterminable par la Loi ou l'Autorité (cet axiome pose l'essence de l'humain comme sans-consistance ou indépendant de toute violence autoritaire, même de celle d'un axiome philosophique). Axiome 2. L'en-homme détermine cependant la Loi inhumaine comme humaine (cet axiome pose la transformation humaine de la Loi originellement donnée comme consistante ou non humaine). Théorème : L'en-homme est l'identité-de-dernière-instance de l'homme et de Loi et cette identité est la FL. Parce qu'il est en-homme, l'homme peut (...) détermine rla Loi comme humaine par un organon qui est cette identité-de-dernière-instance, cette dualité unilatérale de l'homme et de la Loi. Retour : TUYAU > LEXIQUE LARUELLE > FORCE (DE) LOI
Loi - EE, 2000 - 330 - Le concept destiné à tenir (...) la place centrale de la Loi, Devoir ou Volonté rationnelle (Kant), du Visage ou de l'Autrui (Levinas), de l'Appel (Bergson et Heidegger), de l'Autorité en général, est celui de force (de) loi (FL), autre formulation du Prochain. - 331 - Une brève "phénoménologie" de la FL montre qu'il s'agit d'un bloc d'identité phénoménale plutôt que d'une dyade philosophique ; que le suspens de l'intentionnalité ("de") signifie non pas la suppression de toute intentionnalité mais de sa forme-doublet et de son redoublement, force de loi... de la loi, ainsi que la philosophie le sous-entendrait, postulant l'existence préalable d'une loi déjà constituées pour l'essentiel et mise ensuite en rapport de dualité avec la force. - Elle n'est jamais, comme la Loi, aperçue au loin comme commandement, foyer, factum, comme fait idéel - elle se confond avec l'autre-Etranger concret tel qu'il se constitue. - Ce n'est pas la force qui dérive de la Loi mais la force transcendantale qui, la précédant, peut la déterminer comme identité (non-) éthique pour la Loi (si la Loi est donnée par ailleurs. - Au sens philosophique, sans parler de son sens juridique, la "Loi" est une généralité grégaire, un mixte qui doit être sinon décomposé, du moins dualysé comme force (de) pensée en général, Etranger ou Distance non-auto-positionnelle, et Prochain comme mode de l'Etranger. La FL se constitue comme fonction clonale de cet argument qu'est la Loi philosophique. Elle est l'identité-de-dernière-instance de la Loi. - Ramenée de cette manière à son contenu phénoménal, la "Loi" ne se fonde plus elle-même mais relève en-dernière-instance de la vision-en-Un. - Elle est en-dernière-instance un Performé, elle-même une performation plutôt qu'une volonté, ou le noyau réel de la volonté plutôt qu'une faculté de désirer. Retour : TUYAU > LEXIQUE LARUELLE > FORCE (DE) LOI
Non-éthique - EE, 2000 - 327 - La non-éthique est une pensée pratique pour laquelle le postulat de bi-univocité ou de bi-latéralité est inutile. Il stipule en général qu'à tout événement dans le Monde correspond une interprétation éthique et une seule, une décision éthique et une seule. - 328 - Appelons ce style non pas tant non-euclidien que non-kantien. Le kantisme reste euclidien en éthique comme en géométrie et plus généralement en philosophie. - Kant postule la bi-univocité dans l'Idée même de "jugement moral commun" dont il part comme d'un fait de la Raison. Il y a d'une part une bi-univocité de l'agent (moral) et du jugement ; à l'humanité correspond un et un seul jugement moral. D'autre part il postule la bi-univocité du jugement moral et de l'étant à juger (évaluer) ; il y a un et un seul étant, la volonté bonne, qui soit susceptible d'une évaluation comme bonne. La suppression de ce postulat ne ren dpas impossible une éthique mais en change le statut et l'objet, la limite en l'ordonnant au seul malheur et lui donne un nouvel objet, l'éthique-monde elle-même. - La seule "loi" est d'effectuer le malheur radical dans l'éthique-monde sous la forme du Prochain. "Exister tel qu'un autre-Etranger" est le seul umpératif réellement uni-versel ou uni-voque pour toutes les prescriptions éthiques dans leur diversité doctrinale. Le malheur et l'Etranger ne sont pas formellement vides, et l'Etranger invalide le formalisme comme l'empirisme. Leur uni-versalité et leur nécessité ne possèdent aucun contenu ontique ni même ontologique, qui "empiriciserait" et surtout "mondaniserait" l'exigence d'être un Prochain. - 329 - Elle n'est pas impuissante à légiférer, telle une "éthique négative", ni pressée de légiférer dans le Monde et d'ajouter sa pierre à l'édifice ruineux de l'éthique. - A la non-essence de l'homme, ni homme singulier ni humanité comme ensemble des hommes définis par la Raison, mais comme autres-Etrangers ou Prochains, correspond une multitude de jugements non-éthiques. - 379 - La posture éthique grecque se résume schématiquement dans l'obéissance et le projet par la transcendance de la volonté rationnelle. La posture éthique judaïque se résume tout aussi schématiquement dans l'élection ou la filiation par la descendance, par la hauteur qui désarme et défait mais qui assure élection ou filiation. - La FL est fondamentalement un moyen théorique, pratique-en-dernière-instance, pour élaborer et inventer de nouvelles formulations, qui relèvent de chacun et du matériau qu'il reçoit. La non-éthique n'est pas une déconstruction de l'éthique par décision et Autre indécidable, c'est sa découverte et l'invention de ce qui l'explique et s'y rend irréductible : la nouvelle logique de l'Un et du clone (de l'Autre) plutôt que celle de l'Autre premier. - 381 - La FL est un a priori qui ne projette pas (...) mais qui dualyse sous ces conditions plutôt qu'elle n'analyse les mixtes terme à terme pour isoler leurs composants (...). Etant donné la variété du matériau, il y a donc un problème de cas, de jugement, d'action non-éthique ou de constitution au cas par cas de la FL plutôt qu'une déduction mécanique abstraite de la FL, en même temps qu'une déduction transcendantale de sa validité non-éthique pour toutes les antinomies éthiques. Retour : TUYAU > LEXIQUE LARUELLE > FORCE (DE) LOI
Non-technologique - EE, 2000 - 335 - La FL épuise son agir en une fois chaque fois mais de manière suffisante sans exiger un supplément de technologie comme c'est le cas dans l'Ethno-techno-logos. Ce statut d'organon signifie que que la FL est l'identité (de) l'outil du malheur et que l'Etranger est cet organon sans contexte technologique. - L'Etranger n'est pas un ouvrier ou un travailleurs de l'éthique, encore moins l'un de ses sens intellectuels ou philosophes et s'il transforme un matériau, ce n'est pas par des procédés technologiques ou bien d'abstraction continue mais par son insigne solitude. - 336 - L'"utopie" non-éthique interrompt mais pour son seul compte, il est vrai, ce long processus de déclin dans lequel l'éthique rationnelle recommence son cycle, couplages fonctionnels homme-machine après couplages souverain-sujet, raison-volonté, etc. Aucune place n'est libérée pour une "nouvelle éthique" (...). - 338 - Elle se présente à l'éthique comme un organon exigeant non pas le respect de la Loi, l'obéissance ou bien le projet de la liberté, mais l'explication pratique a priori de la Loi telle qu'elle se donne. - La portée de la non-éthique est simplement d'apporter le phénomène (de) l'éthique, de le performer à l'occasion de l'éthique-monde dans les limites de l'identité hérétique de l'Etranger-Prochain. Retour : TUYAU > LEXIQUE LARUELLE > FORCE (DE) LOI