MORT
Homme-en-personne - CF, 2002 - 128 - Une vie humaine-en-dernière-identité, celle que les philosophes n'ont jamais pu penser, est incommensurable avec une apparition et une disparition biologiques et sociales et même avec un être-à-la-mort comme possibilité de l'impossibilité des possibilités. - 129 - La mort n'est pas une ultime possibilité où l'être de l'homme se réaliserait. C'est plutôt l'Homme-en-personne qui donne ou fait apparaître la mort mondaine comme humaine en-dernière-identité et pas seulement comme biologique. L'humanité radicale, non-ontologique, est avérée lorsque les hommes sont assassinés et persécutés. La performation de leur être-assassiné et brûlé en est la manifestation et seule la persécution révèle comme telle la non-consistance irréductible de la victime, seule cette non-consistance détermine la mort comme celle d'un sujet humain plutôt que d'une "bête". En toute rigueur la mort révèle moins le Réel qu'elle n'est manifestée par lui. La conception onto-biologique d ela vie et de la mort est une amphibologie nécessaire mais qui ne rend pas plus justice à la mort comme Persécution qu'à la Vie comme Vie Nouvelle. - De ce point de vue la mort onto-biologique est déjà vaincue par l'Homme-en-homme. La vindicte du monde contre le Christ hérétique révèle la mort-déjà-vaincue et donc la Vie Nouvelle dont nous appréhendons ainsi l'irréductibilité au monde. - 130 - Non pas que le sacrifice du Christ historique ait été la condition nécessaire de cette victoire. La mort humaine ne peut être en-dernière-identité que l'effet de l'hallucination de l'Homme-en-personne opérée sur le Monde, avec le refoulement consécutif du sujet. L'assassinat bien réel de l'hérétique, sa liquidation effective, est l'effet de la volonté hallucinatoire de destruction de l'en-Homme. - Le problème doit être étendu à la naissance (...). A la différence de la philosophie, l'hérésie est une théorie de la naissance autant que de la mort. L'humain naît ou existe sous le signe d'une persécution "élargie" à son identité. - Ce n'est pas de notre naissance et de notre mort que nous sommes sûrs, c'est de notre être-humain, c'est de lui que les annonces de notre errance biologique tirent leur caractère angoissant et acquièrent une portée sans commune mesure avec les phénomènes dont il s'agit dans le Monde. Expérience plus qu'affective et qu'ontologique, où c'est l'Homme-en-personne qui donne son usage à la vie et à la mort. - Du Monde comme tel nous recevons la persécution qui fait symptôme et suppose un sens humain pour la naissance et la mort. - 131 - L'homme n'est pas désigné de totue éternité comme victime, formule trop générale et contradictoire, c'est parce qu'il est en-dernière-identité un humain qu'il est "victime du Monde". Retour : TUYAU > LEXIQUE LARUELLE > MORT