UNI-VERSALITE
Donation - EE - 229 - Le pouvoir de donner-sans-donation le Monde, de l'éprouver radicalement lui aussi selon l'en-Un, est l'uni-versalité (...). - Sans doute l'Un vaut-il aussi de tout X si X est donné ou existe, mais "si X" ne signifie pas un simple ajout synthétique ou bien analytique. Car l'Un vaut de X non pas après ni même avant que X soit offert en soi mais vaut déjà réellement ou plus qu'a priori de X sans trouver la raison de cette identité dans une offre supposée de X ou bien analytiquement dans un prétendu contenu "conceptuel" de l'Un. une telle donation de X ne ait donc qu'effectuer une uni-versalité et un être-donné de X "déjà présents" en l'Un sous al forme toute "négative" de la matrice "X-selon-L'Un". - Elle est donc concrète mais non moins "négative" que l'un-identité et l'uni-latéralité, elles-mêmes uni-verselles. Elle n'est pas synthétique au sens de supposer une donation effective de X et une dualité objective, d'impliquer un lien entre l'Un et X - le seul lien est réel ou en-Un et donc en-un en-dernière-instance -, mais elle est la possibilité toute négative d'un lien qui ne peut être que futur (sous le nom de "clonage"), possibilité dont on peut dire tout au plus qu'elle est "synthèses-en-immanence". - 230 - Il importe de saisir que ce n'est pas X tel qu'il se donne spontanément sur son mode à lui, qui explique qu'il soit aussi (reçu-)donné en-Un comme occasion. L'existence supposée en soi de X n'est pas la condition de l'uni-versalité de la matrice "x-en-Un" ou "X-selon-l'Un" - sous peine de réciprocité philosophique -, pas plus que des autres aspects intrinsèques du Réel. Et réciproquement l'Un n'est pas la condition effective de X, mais il est par son uni-versalité condition de son être-donné et de son autonomie, par conséquent de son être d'"occasion", qui "précède" ainsi éventuellement une donation effective de X. Si le Monde ou la Transcendance, alors l'Un le donne (en-dernière-instance) comme occasion, mais "si" ne désigne pas ici une condition effective. - L'occasion semble évidemment déterminer l'être-donné (de X) en-Un, mais c'est l'inverse, c'est parce qu'il y a de l'en-Un qu'il peut y avoir une occasionnalité de X et, de toute façon, que X soit donné radicalement selon l'Un ne dépend pas de ce qu'"il y en ait" au sens banal c'est-à-dire au sens où il réaliserait ou actualiserait l'Un. On dira que la donation en soi de X effectue la vision-en-Un (qui en fait le matériau d'un clonage), mais qu'elle ne la réalise ni ne l'actualise par une causalité continue ou unitaire. - 231 - C'est l'uni-versel comme être-donné ou dernière-instance, la donation effective de X étant, elle, déterminée-en-dernière-instance. L'Un "reçoit" apparemment tout X, mais il ne le reçoit pas comme X, donc ne le reçoit pas mais le donne en-Un seulement. - C'est que le pouvoir de la vision-en-Un de donner donc de recevoir (pour le clonage) X n'est pas une propriété phénoménologique : ce pouvoir de donner X en-Un et son impouvoir ou sa non-suffisance (X doit faire l'objet d'une donation spécifique), ne peuvent se comprendre sur le modèle, subrepticement objectivant et transcendant, d ela réception, de la réceptivité et de la réceptivité supposées premières. - 232 - L'uni-versel n'est pas le pli de la donation et du donné. Ce pli témoigne d'un certain devenir-immanent de la donation et du suspens de l'instance donatrice. Mais l'immanence brise unilatéralement le pli et sa continuité (...). - L'uni-versel n'est donc pas non plus une semi-ouverture par privation ou manque du terme opposé. - L'Un, qui détermine-en-dernière-instance, n'est ni ouvert ni fermé ni le mixte des deux, c'est une tout autre "logique" de la vérité, plus réelle et surtout plus uni-verselle que l'antique aletheia. C'est le vrai-sans-vérité de la position axiomatique première. - 233 - L'uni-versel est le caractère de l'en (Un-en-Un) d'être aussi par définition, sans raison ni cause (c'est la cause elle-même) un pour (pour X, pour le Monde, etc.) plutôt qu'un sur (un principe, une transcendance, un commandement et un commencement). L'Un-pour-l'Autre... mais pas au sens de Levinas chez qui le pour indique une transcendance et un résidu de téléologie ou de finalité, sasn doute "à rebours". - l'Un est uni-vers immanent ou en-Un et par conséquent jamais un Monde, même s'il donne aussi le Monde mais justement sur le mode sans-consistance d'un uni-vers. - Donner-sans-donation exclut la relation intentionnelle ou le comportement, le fameux "être-au-monde" comme encore une manière pour l'être d'être affecté et fermé par ce qu'il reçoit. Une universalité par transcendance est divisée, séparée d'elle-même. Avec l'être-au-monde qui devait signifier l'ouverture de l'homme à... ou pour l'Etre, Heidegger entérine et fonde l'aliénation philosophique traditionnelle de l'homme. - 235 - Le réel relève d'un statut "ontologique" tout à fait particulier. - Il est si peu absolu - autopositionnel - qu'il est plutôt non-suffisant et exige - non pour lui-même mais pour la pensée - qu'il y ait une donation que l'on ne dira pas supplémentaire (lui-même n'est pas une donation...) mais contingente et occasionnelle. Il ne donne pas lieu à universalité et synthèse par sa propre division (son devenir-Etre...) et par une transcendance, il est uni-versel quoique simplement non-suffisant. - L'Un est si faible et si peu également cause première que, de lui-même, il n'est même pas cause mais ne l'est que sous la condition d'une causalité occasionnelle. - 236 - L'uni-versalité (...) ne se conclut pas de l'apport effectif ou transcendant à l'Un d'un terme X mais de la seule radicalité de l'immanence. S'il y a un X, il est nécessairement donné-Un ou sur le mode de l'immanence radicale. Elle n'est pas une synthèse des deux donnés (l'Un et le Monde) ni des deux premiers aspects de l'Un (donation, séparation). Elle a la même essence d'immanence et le même trait négatif et indestructible de non-suffisance. Retour : TUYAU > LEXIQUE LARUELLE > UNI-VERSALITE