DISPOSITIONS

19/03/2020, Gwendal Idot



Préface.

Ici prend place la réflexion que j’ai eu sur le choix du titre de ce recueil. Pourquoi « Disposition » ? Pour tenir une position, il est nécessaire au préalable d’avoir une certaine disposition. Il faut des dispositions pour répondre à l’appel de la philosophie en marche. Il en faut encore pour ne pas céder sur sa position lorsqu’elle est soutenable. Être disposé en philosophie c’est avoir des notions pour pouvoir soutenir une position dans le domaine culturel face aux menaces que peuvent être par exemple la pensée unique, le néo-positivisme, le cognitivisme, le nihilisme…etc. Avoir des notions c’est arriver aussi avec déjà un bagage culturel pour ne plus en être à lire, mais à relire les grandes philosophies, les écrits scientifiques, de critique littéraire, ou artistique. Finalement être disposé c’est être déjà en activité, n’est-ce pas ? Ce que ce recueil veut montrer c’est l’activité d’un esprit disposé, prêt.

 

Quelle forme cela peut-il prendre ?  En philosophie cela prendra toujours la forme d’un recueil de notions, d’un petit dictionnaire, qui fait un inventaire des idées, qui ne sont que des croisements du des lectures et une mise en éclairage de l’actualité par l’inactuel. Voici donc quelques traces de chemins parcourus, pour donner envie certainement au lecteur de creuser, de compléter, d’ajouter, de nuancer. Bonne lecture.

On m’a reproché dans ce texte de parler d’un professeur dont ce n’était pas là l’objectif. Je n’ai pas le monopole de la parole, mais ayant suivi ses cours assez longtemps, je peux dire que l’un de ses objectifs était que nous lisions. Lire et écrire c’est la continuité d’une même activité. C’est pourquoi ce livre s’inscrit en relation. Maintenant si certains prétendent connaître les objectifs de Michel Nebenzahl avant sa disparition, ils n’ont qu’à les exprimer. Moi je n’en ai aucune idée, et ce n’est pas mon propos. Comme indiqué il y a juste une relation d'élève à professeur.

 

ANARCHIE.

Que dire sur les attentats à Jérusalem, ou aussi de la guerre au Moyen Orient ? Une citation : "Le jour du triomphe des martyrs, c'est l'incendie universel" (Lacan dans l’éthique de la psychanalyse, en conclusion à son étude d’Antigone), peut-être ? Devant la répétition de l’horreur on peut être tenté également de réfléchir à l'éternel retour (Nietzsche) : Théorie anarchiste moderne et croyance indienne en la réincarnation ? Mais la vraie politique nietzschéenne ne serait-elle pas plutôt représentée dans Le Coriolan de Shakespeare ?

 

ANIMAUX.

N'y a-t-il pas d'autres animaux sociaux sur la Terre ? Les animaux nous sociabilisent-ils parfois ?

ATHEISME.

Quel athée avait acquis la confiance de deux papes successifs ? – Machiavel. Alors que le comble de Hegel serait-il d'être accusé d'athéisme ?

CAPITALISME.

Le virus et le capitalisme. Ça rappelle la fin du roman de Wells la guerre des mondes.

COGNITIVISME (chez Nebenzahl).

Comprendre les couacs de communication de Fichte peut-il aider à lutter contre le cognitivisme ? L’autisme comportemental que l’on rencontre dans l’image des développeurs informaticiens est-il un obstacle à l’agilité dans l’entreprise ? L’autisme comportemental consisterait à l’approprier une technologie, partant le management d’un projet, en faisant de la rétention d’information. Mais, qu’est-ce qui oppose pensée systémique (Bateson) ou pensée technique vs. Cognitivisme ? Le cognitivisme est-il la voie vers une régression mentale des humains par l’œuvre d’une science humaine ?

CONCEPT.

Ce n'est tout de même pas Hegel qui a décrypté les hiéroglyphes ! Il aurait plutôt inventé de nouveaux hiéroglyphes. Le progrès serait-il d'avoir de plus en plus de hiéroglyphes différents ? C'est possible. Mais Nebenzahl définit la philosophie comme un « travail des notions », tandis que Laruelle se base sur la définition de Deleuze de la philosophie comme « travail des concepts ». Quelle différence ? Par exemple l’Encyclopédie fait penser à une technique pour faire varier les effets grossissants du concept. Mais le concept de l’Etre, pour prendre un autre exemple, il est traité dans l’abrégé de l’Encyclopédie, puis développé à part dans un livre entier. Puis, encore un autre exemple, les principes de la philosophie du droit ne sont-ils pas l'application d'un chapitre de l'Encyclopédie des sciences de Hegel ? Il me semble que c’est l’approche de Marx dans la critique des principes de la philosophie du droit. Pour la non-philosophie c’est différent. N'aurait-elle pas elle comme l'art pour l'art, son impératif catégorique : le concept pour le concept ? Autrement dit, le travail du concept n'aurait aucun but.

Je m’élève contre l’idée que le concept de Raison chez Kant soit un point de départ absolu du romantisme. C’est une affirmation de Catherine de Perret, mais on ne peut pas dire cela sans mentir sur le rôle de Herder dans la formation de Goethe.

 

 

CONTRADICTION.

La Doctrine du droit de Kant est-elle une contradiction avec le reste de sa philosophie autant que l'on peut dire que le régime de la terreur était une contradiction avec les Lumières, l'esprit de la Révolution ? Si Fichte est plus "rigoureux" que Kant, d'après Hegel, est-ce parce que Fichte met au centre de sa philosophie une réflexion sur le droit, au lieu d'une réflexion sur l'art, alors que pour Kant c'est la critique du jugement qui fait le lien entre les deux autres, et la Doctrine du droit c'est justement là où Kant a fini par se contredire ?

CONTRAT.

Les données historiques et anthropologiques de l’état de nature sur lesquelles se fonde le contrat social chez Hobbes, Locke : l'Amérique chez Montaigne (Les Essais) et Shakespeare (La Tempête) ou les guerres civiles des religions en Angleterre ? A la différence des données historiques et anthropologiques de l’état de nature sur lesquelles se fonde le contrat social chez Rousseau : la critique l'esclavage moderne par Diderot, ou Voltaire ?

CULTURE.

Qui s'approprie la culture anglaise, évite les déchets qu'elle rejette ? Cela rassure-t-il quelqu’un de savoir que Trump pour ne jamais risquer d'être empoisonné mange toujours des « HangBurgers » achetés chez MacDonald. Tout dépend ce qu'on appelle être empoisonné, bien sûr. Peut-on essayer de comprendre comment le Président Trump a été finalement élu ? Est-ce un échec historique pour un livre tel The authoritarian personality ? Alors qu’est-ce que ce livre a pu dire de vrai ? Qu’est-ce qui est vraiment dit dans ce livre ? Où s’est-il trompé ? Être du côté de la culture face à la « pensée unique », qu’est-ce que cela signifie ? Selon Deleuze "Nous sommes des Plis" : Cela veut-il dire qu'il y a un rouleau compresseur au-dessus de nous pour nous aplatir la tête, qui s'appellerait la "pensée unique", ou encore la "pensée médiatique" ? La parole singulière et la production culturelle : l’université sort de ses gongs et se retrouve sur la scène du spectacle vivant ? Comment cohabitent ensemble la langue de Shakespeare, et la novlangue de l’impérialisme anglo-saxon ? Les anglo-saxons se sont-ils approprié l'héritage antique ? Ils ne sont pas les premiers à avoir essayé. Septime Sévère : un africain qui était un empereur romain ? Mais, le poème d'Empédocle la Nature n'a jamais été traduit en anglais ? Y a-t-il même une culture derrière la toile d'Internet, et est-ce bien la peine d'avoir une toile d'araignée jusqu'à perte de vue pour dire qu'on a l'esprit vide de poussière ?

 

CRISE.

L'esthétique de Walter Benjamin, l'esthétique de la photographie argentique, est-elle l'esthétique du choc des images qui remet en cause l'expérience esthétique de la contemplation telle qu'elle se développe dans le romantisme, et dans les philosophies de Fichte et Schopenhauer ? L'esthétique du choc des images n'est-elle pas aussi l'esthétique du Surréalisme ? A propos du Surréalisme, Benjamin a indiqué dans Paris capitale du XIXème, une crise qui se jouait au moment où il écrivait entre forces réactionnaires et la modernité.

DIALECTIQUE.

Giordano Bruno a-t-il pu donner à Hegel l'idée de la dialectique ? Ainsi, dans ce passage de Giordano Bruno : "Il y a une profonde magie à savoir extraire le contraire du contraire, après avoir trouvé leur point d'union" (De la cause, du principe et de l'un, Giordano Bruno, Les Belles Lettres, p.314).

DIONYSIAQUE (chez Nebenzahl)

Les livres de Nietzsche échappent-ils à la critique de Fichte sur l’état de la littérature de son époque (Machiavel et autres écrits philosophiques, p. 158, Fichte, éd. Payot) : sont-ils en ce sens trop populaires pour être vrais ? Trop enclin au bon goût français, à faire des pirouettes ? Une pâle imitation de Voltaire ? De l’autre côté, Nietzsche : La science est le malheur de l'humanité. La preuve : la doctrine de la science de Fichte ? Et, Ainsi parlait Zarathoustra : un livre nihiliste ou dionysiaque ? Le bouddhisme est-il une forme de nihilisme, ou est-il dionysiaque ? Heidegger a-t-il un préjugé hégélien contre l'ironie de Nietzsche ?

EDUCATION.

Francis Bacon : La rhétorique peut-elle, à elle seule, mettre fin aux erreurs de la scolastique ? A ce sujet n'y a-t-il pas un contraste entre le premier article des Essais, de Bacon ("Of Truth"), et le projet de réforme de l'éducation nationale de l'époque, the advancement of learning, de Bacon également ?

ESCLAVAGE.

L'idée que pour les Grecs les étrangers étaient des barbares résiste mal à des œuvres comme les Perses d'Eschyle, et la Cyropédie de Xénophon, sans même parler des apports de la culture égyptienne faits par Platon et Pythagore. L’histoire de la constitution d'Athènes écrite par Aristote est un texte découvert à la fin du 19ème siècle donc totalement ignoré par Hegel. Il permet de comprendre qu'à l'origine, du temps de Solon, en réalité tous les Grecs pratiquement étaient tombés dans l'esclavage de quelques riches. L'apport des fameuses "lois de Solon" a permis de libérer les Grecs, mais leur effet est resté limité, du fait que les riches, ruinés en partie par les lois, continuaient d'avoir un certain pouvoir politique. Reste donc que tous les métiers liés au commerce étaient finalement exercés par des personnes sans droit civique. Ce qui aujourd’hui paraît paradoxal. Les Grecs condamnaient l'esclavage d’une certaine façon, lorsqu'ils montraient le peu d'attachement qu'ils avaient à l'argent. Socrate a l’habitude de se fait toujours inviter aux Banquets. Des esclaves sont devenus des maîtres, mais Hegel les a dénigrés : Epictète, Esope. En tout cas il n’a pas fallu attendre Hobbes pour qu’un Grec nommé Diogène critique la thèse d’Aristote sur l’esclavage naturel. Mais au final, ces aphorismes de la psychanalyse de Michel Nebenzahl montreraient qu’on n’a pas fait beaucoup de progrès  : "Le sujet est clivé" ; "Il n'y a de sujet que celui de la servitude volontaire".

ESTHETIQUE.

Quel est l’objet de l’esthétique ? Kleist, Hoffmann exclus de l'Olympe du Cours d’esthétique de Hegel ? La place de Mozart et Bach dans le Cours d’esthétique de Hegel ? Tandis que la tâche de la philosophie : rendre compréhensibles des œuvres d'art authentiques et immortelles du passé aux époques suivantes (Hegel d’après le Cours d’esthétique, vol.1 trad. Lefebvre, Aubier) ? Mais l’esthétique est aussi une réflexion vers le futur semble-t-il ? L'art pour l'art : « unité et indéterminité abstraite » (Hegel, inactuel) ? Hegel est inactuel : la question de l'art moderne, de l'art abstrait, se pose déjà dans le Cours d'Esthétique de Hegel, avant même l'invention de la photographie (Cours d'Esthétique, volume 1, trad. Lefebvre, éd. Aubier, p. 229) ? Hegel a-t-il inventé aussi sans le savoir le "ready made" dans son Cours d'esthétique (Vol.1, Aubier, Lefebvre, p. 345) ? Si c'est de l'art ou si c'est du pathologique ? Hegel et Freud ont pour cela des critères différents ? Quel est le but de l'art : joindre l'utile et l'agréable (Hegel), ou relier le monde nocturne des rêves de chacun avec le monde de la veille (L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanique, Benjamin) ? L'invention de la photographie au siècle de Hegel n'a-t-elle libéré l'œuvre d'art de sa tendance à chercher le trompe l’œil, ouvrant la voie à la recherche de l'art pour l'art dans les œuvres d'art modernes ? L'intérêt de Charcot pour la peinture n'est-il pas un contre-exemple à l'analyse de Hegel selon laquelle l'œuvre d'art n'est peut-être pas un objet digne de science en soi-même ? A l'opposé de Platon, donc à l'opposé aussi de Schopenhauer qui reprend l'esthétique de Platon, selon Hegel l'œuvre d'art n'est pas chargée de produire la contemplation du Beau, mais d'exprimer une vérité divine. L'esthétique moderne de Greenberg est-elle à la hauteur des attentes de Hegel à l'égard de l'esthétique ? Si l'art était chargé d'exprimer le divin, comme Hegel le définit, alors ne serait-il pas aussi chargé de produire électivement un sentiment du sublime, au sens de Kant ? Que veut l'art : produire une contemplation ou développer une idée du Beau ? Finalement, peut-être que si l’art moderne n'hérite pas de l'esthétique de Hegel telle quelle, elle agit sur son évolution comme un négatif ? Pour Hegel l'art authentique représente une vue de l'harmonie (Cours d'esthétique, Hegel, p.295, Aubier, Lefebvre), tandis que l'esthétique de la musique moderne n'est plus basée sur l'harmonie (Philosophie de la nouvelle musique, Adorno). Nebenzahl contre Hegel : " Le personnage du diable joue toujours un rôle plus intéressant que celui du bon Dieu" selon Michel Nebenzahl (Cours, Paris 10 Nanterre Université, 1993-1996). Alors pour Hegel au contraire : "le diable pris pour lui-même est un piètre personnage, inutilisable esthétiquement" (Hegel, Cours d'Esthétique, Vol.1, Aubier, Lefebvre, p.295). Comment distinguer l'ironie de Fichte, celle de Novalis, celle de Nietzsche, celle de Marcel Duchamp ?

 

"Il n'y a pas d'action, mais seulement des actes" : Deleuze dans Image Temps, et Image Mouvement, fait donc table rase de l'esthétique de Hegel, parce que l’action est une notion centrale au début du Cours d’esthétique ? Lorsque Nebenzahl dit "On n'en est plus au courage de Platon", on peut entendre ceci : "L'homme est mort, celui de l’âge des héros. » Pourtant, Brecht : auteur moderne, ou simplement de culture allemande, et trop traditionnel justement au regard des critiques de la culture allemande selon Fichte et Hegel (Machiavel et autres textes philosophiques, Fichte, p.132, éd. Payot, et Cours d’esthétique de Hegel, trad. Lefebvre, éd. Aubier, p.556, Vol.1) ? La démarche de Brecht est-elle pédantesque ? Mais Hegel se trompe comme Goethe et comme Freud en classant les personnages de Shakespeare dans ce que Hegel appelle "l'âge des héros". Comme l'a montré George Brandes, Hamlet fait partie de la modernité et il ne copie plus le modèle antique d'Oreste. Quand Deleuze dit "Il n'y a pas d'action, seulement des actes" dans ses livres sur le cinéma, n'est-ce pas aussi une manière de revenir sur sa définition de la philosophie comme création de concepts (Qu'est-ce que la philosophie ?) ? Car il pourrait aussi bien dire sans doute "Il n'y a pas de concept, seulement des notions". "Il n'y a pas d'action, seulement des actes" (Nebenzahl expliquant Deleuze Image temps, Image mouvement), n'est-ce pas déjà ce que dit Benjamin à propos du film de Chaplin, le Cirque ? N'est-ce pas selon Benjamin : "Soupault a bien vu que Chaplin le premier (les Russes l'ayant suivi en cela) régla le film sur le thème, la variation, bref sur la composition, et que tout cela se trouve en contradiction avec notion traditionnelle d'une action captivante". (Critiques et Recensions, p. 173). En ce sens il y a une crise de la représentation traditionnelle de l'action au cinéma avec les films de Chaplin, et les films russes. Deleuze dit en effet cela à propos des films Russes. C'est un peu paradoxal avec l'idée qu'on se fait du genre épique habituellement, et on pourrait penser aussi que c'est une innovation de la nouvelle vague du cinéma français, mais cela remonte sans doute aux débuts du cinéma.

 

 

Rien à voir avec l'art pour l'art, l'esthétique de Shakespeare, formulée dans Conte d'hiver, est l'œuvre de la nature elle-même. Pourtant dans toute l'œuvre de Shakespeare on trouve des exemples qui montrent que le style est plus important que le contenu, puisque le contenu est souvent une reprise. Le plus grand texte de Shakespeare n'est-il pas en fait jamais lu, jamais étudié, jamais joué : Cymbeline ? La place de l'autre dans l'écriture de Shakespeare ? Y a-t-il une "Weltanschaung" dans l'œuvre de Shakespeare ? Schopenhauer, Dostoïevski, Timon d'Athènes : qui est nihiliste ? Après le choc du Timon d'Athènes, et une période de convalescence où il participe à la rédaction de Périclès et Henri VIII en seconde main, voilà la Renaissance de Shakespeare dans ses dernières œuvres : Cymbeline, Conte d'hiver, Tempête. Lire Shakespeare jusqu'à ce qu'il laisse tomber Timon, voilà un bonheur dont Russell ne parle pas dans La conquête du bonheur ! L'homme est mort depuis la Renaissance en fait, avec Timon d'Athènes ? L'écriture de Shakespeare n'est-elle pas toujours réécriture ? Shakespeare est-il au plus bas de son niveau en parodiant Homère, avec Troïlus et Cressida ? Coriolan : Shakespeare face à ses destructeurs ? Hegel, Nietzsche, Shakespeare : critiques inactuelles de la culture de masse. La première fois que des femmes ont joué sur scène au théâtre : cela remonte à l'invention de la fourchette en Italie ? Mais Shakespeare est de l'avant dernière génération qui mangeait avec les doigts. La première actrice sur scène débute 40 ans après la mort de Shakespeare en Angleterre. Je ne sais pas comment un homme pouvait arriver à jouer Cléopâtre du coup. Bodin ne réserve pas de place aux acteurs comme Shakespeare dans sa République, mais Shakespeare peut-être avouerait aussi, selon Georg Brandes, qu'il n'est pas pro-démocrate, mais plutôt de penchants aristocratiques, royalistes, un antirévolutionnaire quoi ! Mort d'Antoine : fin de la République romaine, ou son possible retour ? Hamlet : une crise de la représentation théâtrale ? Pourquoi ? Parce qu'on peut dire que dans cette pièce " Il n'y a pas d'action, mais uniquement des actes", et c'est pour cela que Goethe s'est trompé en jugeant la pièce selon les critères de la tragédie antique. De plus, Hamlet n'est pas simplement un sommet, un chef d'œuvre dans le théâtre de Shakespeare, c'est plutôt un tournant. Parce que ce qui suit ne ressemble à une série ininterrompue de chef-d’œuvre avec Macbeth, Othello, King Lear, Antoine et Cléopâtre ...etc. On est dans un autre univers où les personnages ne sont plus ce qu'ils disent être. A la suite de Goethe, Freud s'est trompé sur Hamlet, pour la même raison. Un vrai malin génie : Francis Bacon qui condamne à mort, de façon machiavélique, le comte d'Essex (Robert Devereux) protecteur de Shakespeare ? Est-ce que l'erreur de Freud sur Hamlet, comme cas œdipien, justifie les thèses de l'Anti-Œdipe et de Mille Plateaux ? Goethe est très fort en disant qu'Hamlet est trop faible pour sa tâche. Si Hamlet avait pu échapper à son destin, il serait probablement devenu un poète comme Shakespeare. Pourquoi Shakespeare n'a-t-il pas tué Pembroke (Fair Youth) aussi, ou la "Dark Lady" des Sonnets pour se venger ? Cela montre que la pièce de Shakespeare a trop souvent été jugée par rapport aux pièces d'Euripide et d''Eschyle reconstituant la tragédie d'Oreste. Alors qu'Hamlet est un moderne et pas un Atride. Rien qu'en cela il semble échapper au destin de la répétition des anciens. Mais Goethe s'est trop passionné pour la tragédie grecque avec Iphigénie. Ce qui fait qu'Hamlet est une pièce unique ? Le personnage Hamlet n'est-il pas l'enfant perdu de Shakespeare, qui aurait pu peut-être avoir le talent de son père, et qui aurait pu même défendre ou venger son père des humiliations de Dark Lady (Mary Fitton) et Fair Youth (Pembroke) ? Dans ce rêve de Shakespeare, Shakespeare joue le rôle du fantôme du père mort, et Hamlet son fils vivant qui prend sa défense. C'est le monde inversé. Mais, Hamlet n'échappe pas à son destin en vengeant son père. Shakespeare se fait ainsi une raison de sa perte, et en même temps il se console de perdre ce qu'il croyait un ami et une maîtresse, en retrouvant l'image de son fils. Les Sonnets : Comment Shakespeare devient-il Hamlet ? De l'amour platonique, jusqu'à l'idolâtrie, renversé dans le cynisme. Il y a peut-être autant de livres écrits sur Hamlet, que sur Descartes :  deux vies ne suffiraient pas pour tous les lire. Descartes avait-il lu Shakespeare, ou seulement Montaigne, pour arriver à écrire le "cogito ergo sum" ? Hamlet : Œdipe ou Anti-Œdipe ? Hamlet pourrait-il jouer le rôle du malin génie de Descartes ? Les Sonnets : discours conventionnel, ou parole singulière ? Les Sonnets ne forment-ils pas eux aussi une intrigue, qui aurait pu être adaptée en pièce de théâtre ? Shakespeare : ici, dans le rôle du tiers exclu entre Pembroke (Fair Youth) et Mary Fitton (Dark Lady) ? Bacon, en faisant condamner H. W. Southampton, a-t-il déclenché une misanthropie chez Shakespeare, perdant ainsi un protecteur, à qui seraient dédiés les Sonnets ? Not agree with Brandes : Shakespeare imited perfectely Caesar rhetoric and his speeches, likewhise in Gallic War, and the character of Caesar is not pompous. L'image de Shakespeare dans la biographie littéraire de Georg Morris Cohen Brandes : contre la pensée unique, la religion puritaine, la politique élisabéthaine ? Shakespeare : la musique contre le puritanisme ? Difficile de trouver une unité au personnage d'Antoine de Shakespeare. Il ne semble pas le même dans Antoine et Cléopâtre, et dans Jules César. Shakespeare : L'amour est-il une affaire d'imagination ou de cœur ? Contre-exemples à Schopenhauer : le néoplatonisme des poèmes de Michel-Ange, et Shakespeare ? Est-ce qu'on devient artiste en étudiant la philosophie ? Selon Schopenhauer : " Cela se saurait » (Le monde comme volonté et comme représentation). Kierkegaard et le théâtre : inspiré par Henri V de Shakespeare dont les discours sont l'exacte opposé des thèses de Kierkegaard, il aurait aussi lui-même inspiré le personnage Brand, une création d'Ibsen ? Un point commun entre Freud et Joyce : avoir lu Brandes ? Mark Twain vs. Georg Morris C. Brandes: Is Shakespeare dead? Les livres lus par Shakespeare, selon Georg Morris C. Brandes : Cicéron, Sénèque, Ovide, Virgile, Montaigne, Marlowe, Byron.

 

Les œuvres d'art à l'ère des blockchains ? Depuis l'invention de la photographie, la peinture aurait cessé d'être narrative, sans cesser pour autant d'être poétique. C'est ainsi qu'Apollinaire a caractérisé l'art de Duchamp. On peut aussi avancer la thèse que dans l'histoire de l'art, il y aurait un avant, et un après J.M. Charcot. Eh oui, quand ils ont vu que le maître de la Salpêtrière commençait à examiner les modèles, à faire des diagnostics à partir des tableaux, les artistes ont pris peur, que cela devienne leur tour, ils ont fermé les ateliers, et la peinture en plein air est née ! Il était temps ! Déjà Herder ne trouvait pas normal que les artistes restent enfermés dans leurs ateliers. « Cézanne délivre nous de toute représentation. Style photographique de Walter Benjamin : des pensées comme des négatifs attendant d'être développés ? Comment l'aura de Benjamin peut-elle être retrouvée, décrite dans les mots de Proust ? : "Ce qui m'émouvait c'était de penser que cette Florence que je voyais proche mais inaccessible dans mon imagination, si le trajet qui la séparait de moi, en moi-même, n'était pas visible, je pourrais l'atteindre par un biais, par un détour, en prenant la "voie de terre"". (Du côté de chez Swann, p.529, Folio). Depuis Proust avec la Recherche du temps perdu, les plus belles pages de roman qu'on peut lire ne sont plus seulement dans Tolstoï avec Guerre et Paix. L'esthétique non aristotélicienne de Joyce, et de Brecht : disparition du vibrato seulement ? Se jouer des clichés : l'œuvre ouverte (Umberto Eco) ? L'invention de la photo a juste complété l'utilisation faite depuis Léonard de Vinci jusqu'à Goethe de la chambre noire en trouvant la formule chimique fixant l'image projetée. En l'absence de la photographie, les théories de la perspective étaient déjà une première réponse, mais elles sont devenues obsolètes avec l'invention de la photographie. En même temps la photographie se révèle être un intermédiaire entre le monde privé des rêves de chacune et la réalité collective, ainsi la photographie devient le lieu où se manifeste un inconscient collectif. Que reste-t-il à la peinture si elle n'est plus le lieu de l'exercice de la perspective ? L'abstraction ? Pourquoi se limiter à trois dimensions ? La première voie naturelle de l'abstraction est de se limiter à deux dimensions, en tirant parti de la matière première de l'œuvre d'art pour en dégager des nouvelles évocations. Une autre voie de l'abstraction est dans la représentation des espaces à "n" dimensions. Cela peut conduire à la représentation des surfaces découvertes par les mathématiques modernes, ou cela peut conduire aux arts numériques, si tant est qu'une avant-garde existe réellement dans le monde digital qui ne soit pas simple outil de propagande commerciale. Une seconde voie consisterait à faire de la peinture l'imitation des procédés de la photographie elle-même pour se jouer des clichés ? Sauf que la photographie en devenant numérique, la connaissance de ces procédés est retirée au public. Là on se rend compte que le monde numérique n'est pas aussi infini qu'on nous le fait croire. Il n'ouvre pas la porte à toutes les connaissances. Il nous éloigne de connaissances qui seraient essentielles pour ne pas être enfermés dans des stéréotypes et qui étaient encore communes au siècle dernier. Aujourd'hui qui sait ce que c'est que développer une photographie ? Voilà une expérience pourtant essentielle. Les procédés du rêve sont similaires à ceux de la photographie comme Freud l'a indiqué. Il parlait de la photo argentique, pas de Photoshop, pas du numérique. L'enjeu c'est la possibilité ou non de ce que Umberto Eco appelait une "œuvre ouverte". La révolution numérique dans la photographie : Disparition de critères esthétiques appliqués par les photographes professionnels, dont le métier a disparu, et apparition de nouveaux concepts émergents : notamment la notion de selfie. L’esthétique surréaliste au lieu d’être rétrograde en réhabilitant la perspective face à la peinture abstraite, comme le lui reproche Clément Greenberg, aboutit dans ses productions photographiques à mettre en scène la transformation de la peinture moderne en peinture abstraite. La figure ne se détache plus sur un fond, mais devient fond sur fond, et le non-fond surgit à la surface comme un nouveau champ. Et, cela se passe dans les photographies de Man Ray, ou Brassaï. Le numérique : la fin de la photographie ? Rupture ou continuité ?

 

Mérimée et les Français qui ne portent pas la Légion d'honneur. Mérimée : traducteur de Goya dans la littérature ? Victor Hugo : une rhétorique sèche, sans vie ? La Divine Comédie est-elle dépourvue d'intérêt dramatique, comme Tarde le croit, ou bien est-ce un de ces livres où l'auteur écrit une page de l'histoire ?

 

Le théâtre n'a-t-il rien à voir avec la Monadologie ? La sociologie de Tarde peut avoir quelque chose à voir avec la monadologie, comme certaines peintures de Carpaccio selon Serres représentent des personnages en conversation comme des monades. Pourtant le théâtre selon Michel Nebenzahl n'a rien à voir avec la Monadologie. Carpaccio : les personnages comme des monades en peinture ?       « Scène ouverte » (Vilar) ou « œuvre ouverte » (Eco) ? Comment jouer vrai une situation purement conventionnelle, un monologue ? Et, si le monologue au théâtre est une scène purement artificielle, alors il n'est pas naturel de penser, car selon Platon : "la pensée est une parole silencieuse". Brecht : le retour de la morale, avec le catéchisme en moins ? Le cercle de craie caucasien : la théâtralité n'exclut pas la narration ! L'intrigue, selon Barthes, serait à l'opposé de la tragédie. Mais Barthes, disant cela, est à l'opposé d'Aristote, n'est-ce pas ? Dans le théâtre de Sartre le public est plus ou moins considéré comme voyeur, un curieux, comme chez Hitchcock, ou Duchamp, mais pas comme chez Stanislavski ou Brecht. Le théâtre : le travail du concept comme exposé de la cohérence interne d'une passion ? Faire du théâtre épique avec seulement des actes, et sans action ? Brecht transpose-t-il au théâtre le cinématographique ? Une critique inactuelle de Nebenzahl serait-elle la critique de Brecht contre Stanislavski ? Quelle différence entre les jeux d'acteur au théâtre et au cinéma ? Puisque la méthode Actor's Studio n'est-elle pas dérivée de la méthode Stanislavski ? Des scénarios romanesques qui peuvent être adaptés pour le cinéma, mais pas du tout pour le théâtre ? Brecht : le retour de la morale, avec le catéchisme en moins ? L’homme est mort, mais pas son théâtre ?

 

Selon les critères aristotéliciens les artistes modernes, ne seraient probablement que des cas pathologiques comparés aux grands noms qui ont inventé la tragédie. Ainsi la psychanalyse met à jour des aspects inaperçus des grands artistes comme Heine, Léonard de Vinci. Pourtant avec Bergson on peut supposer que : "dans le domaine de l'esprit, la maladie n'est pas de force à créer quelque chose" (L'énergie spirituelle). N'est-ce pas ? La seconde vie de Zarathoustra selon Joyce dans Ulysse.

 

 

Comment la sculpture reflète-t-elle la culture d'un pays à un certain moment ? L'esprit anglais dans la sculpture des personnages de fiction dans les rues de Londres (Sherlock Holmes, Peter Pan...). L'esprit français dans la sculpture de personnages historiques à Paris (Clémenceau, Balzac, De Gaulle...). L'esprit allemand dans la sculpture des ouvriers sans socle dans la rue au milieu des passants à Aix la Chapelle (le gardien, le balayeur...etc.)

 

ETHIQUE.

La conquête du bonheur selon Russell et Tarde : Les pièces de Shakespeare, les livres de Darwin, le réseau des trains...etc. sont-ils moins le fruit simplement du travail humain, que les incarnations du ravissement et de l'enthousiasme de l'auteur de ces inventions, qui démentent les souffrances ou les misères dont leur biographie garde des témoignages ?

ETRE.

Mais pourquoi donc alors que Fichte commence si bien une déconstruction de l'Etre, Hegel fait-il un pas en arrière, l'Etre étant le premier chapitre de l'Encyclopédie des sciences ? Hegel fait un pas en arrière pour mieux sauter en avant, parce qu'il coupe la route même à Heidegger, c'est pas ça ?

FABLE.

La fable du chêne et du roseau connue d'Esope, et adaptée par La Fontaine et Pascal, est bien plus ancienne que le croyait Hegel (Cours d’esthétique, Hegel, vol. 1, Trad. Lefebvre, éd. Aubier) car elle appartient à l'héritage de la culture sumérienne, celle qui a inventé l'écriture et les mathématiques autour de l'actuelle Bagdad. Les apports de la civilisation de l'Indus, et de la civilisation Sumer dans l'art symbolique hégélien ? zéro.

FEMME.

 

Socrate : séducteur de femmes également ? Selon Xénophon, dans Mémorables. Socrate comme Diogène ? L'amour platonique est-il une impasse, comme la phénoménologie ? Michel-Ange, Shakespeare semblent avoir chacun renoncé à cette expérience avec Pembroke pour l'un et Cavalieri pour l'autre. En deçà de l'image de Socrate que donne Platon sur cette idée glorifiante, il est toujours possible de revenir alors à un passage des Mémorables de Xénophon, le dialogue entre Socrate et Théodote, la courtisane d'Alcibiade, qui donne une autre image d'un Socrate plus dionysiaque, moins dualiste, et séducteur des femmes aussi, comme Diogène le cynique dans La vie, les amours et les aventures de Diogène le Cynique, surnommé le Socrate-fou écrites par lui-même (édition 1819, traduit du grec par Wieland, BNF).

 

L'anthropologie structurale a-t-elle montré la vérité sur le patriarcalisme au-delà des frontières occidentales relègue-t-elle au rang de mythe le théâtre d'Euripide sur la condition de la femme ? Une pensée pour Giordano Bruno qui a combattu par la libre pensée une aberration propagée depuis Aristote sur les femmes comme des monstres de la nature (De la cause, du principe et de l’un, Giordano Bruno, Œuvres complètes tome III, éd. Belles Lettres). Même au temps de la reine Elisabeth Ière cela pouvait conduire à être brûlé pour hérésie en Italie. Cléopâtre : le personnage de Shakespeare représentant le mieux la féminité ? Mais il était joué par un homme au temps de Shakespeare, s’il a été joué de son vivant. La différence sexuelle pour sortir d'une impasse entre hystérie et complexe d’Œdipe ?  Lacan ne confond-il pas Antigone et Jeanne d’Arc ? Pour cela Le Léviathan de Hobbes est mieux, non ?

 

IDENTITE.

Quel rapport entre Copernic et Schopenhauer ? Ils sont Polonais. Culture grecque ou scandinave : question de l'identité des Macédoniens ? Macédoine : pays d'où Aristote et Alexandre sont originaires, et aussi pays qui a inventé l'alphabet cyrillique, et d'où est partie la religion orthodoxe à la conquête des pays de l'est. Nietzsche : L'éternel retour ou la fausse reconnaissance ? Eternel retour du Même ou de la Différence ? Deleuze parle, dans son livre sur Nietzsche, de l’«Eternel retour de la différence », or François Laruelle l’a corrigé sur ce point, pendant l’un de ses séminaires à Paris 10 Université, en parlant plutôt de l’ « Eternel retour du même » : car « l’éternel retour de la différence » est, « par son identité même », « l’éternel retour du même ». (Laruelle et Nebenzahl diffèrent dans leurs présentations de Deleuze : Nebenzahl souligne l’importance de livres comme Différence et répétition, Image Mouvement, Image Temps, alors que Laruelle souligne l’apport des livres Nietzsche et la philosophie, Qu’est-ce que la philosophie ?)

 

INEGALITES.

L'école face aux cours à domicile/distance : de nouvelles inégalités ?

INTERPRETER.

Le "savoir absolu" n'a pas besoin d'interpréter les formes artistiques ?

LANGAGE.

Descartes inactuel : n'est-il l'un des premiers à reconnaître le langage des signes comme un langage à part entière, alors que cela n'est pas encore admis par un certain nombre de pseudo-cartésiens d'aujourd'hui ?

LIBERTE.

La critique du libre arbitre de l’Ethique de Spinoza a un antécédent dans l’œuvre de Giordano Bruno, et il existe déjà les deux définitions antinomiques de la liberté dans la Divine comédie de Dante ? L'illusion du libre arbitre peut-elle faire partie de la nature, alors que l'apparition du concept du libre arbitre est datée dans l'histoire occidentale ?

LIEN SOCIAL.

La sociologie inactuelle de Tarde : réenchasser l'économie dans le social ? La sociologie de Tarde : ni socialiste, ni utilitariste ?

MATHEMATIQUES.

Cauchy distingue les vérités historiques et les vérités algébriques pour introduire son cours à Polytechnique en 1821 (Analyse Algébrique, Cauchy, éd. Jacques Gabay), alors que du point de vue de la logique formelle chez Fichte une proposition historique et une proposition mathématique ont le même statut dans la Doctrine de la science (Essais philosophiques choisis 1794-1795, Fichte, éd. Vrin) ? La Data-science et l'algèbre linéaire : Limites entre technique et science ? Descartes : Fonder la science moderne, ne revient-il pas à vouloir compter le total des grains de sable que l'univers peut contenir, comme Archimède l'a tenté avec l'hypothèse d'Aristarque de Samos ? Histoire des mathématiques. David Hilbert : dernier éclat de la géométrie non euclidienne avant l'inflation des normes dans l'algèbre moderne avec le groupe Bourbaki ? Les mathématiques modernes : toujours une science, ou bien des techniques ? La logique formelle : le lien entre les mathématiques et les langages de programmation informatique ? La thèse de Michel Serres a montré que pour Descartes d'un point à un autre il n'y a qu'une voie soutenable, la plus courte. Tandis que pour Leibniz il y a déjà plusieurs manières d'arriver à une découverte. La voie de Newton n'est pas la seule pour arriver au calcul infinitésimal, par exemple. Ainsi Leibniz n'a-t-il pas ouvert la voie non seulement au calcul infinitésimal, mais à la géométrie non-euclidienne ? Pourtant en mathématique entre deux démonstrations possibles on préfère la plus élégante, la plus simple, brève. L'œuvre philosophique de Descartes n'est-elle pas un phénomène d'éditeur ? Sans la partie géométrique de l'œuvre de Descartes, artificiellement séparée, quel sens peut-on bien donner à la notion d'"idée simple" ?

MOI.

Stirner et Fichte : comme la « science de nuit » et la « science de jour » (Jacob) ? Stirner et Fichte : Moi périssable vs. Moi absolu ?

MYTHE.

Wagner a-t-il sauvé le mythe de Siegfried de la critique de Hegel ?

NATURE.

La fin de la Nature, comme concept, et comme réalité peut-être bientôt, dans l'ère postmoderne et hyperartificielle, ne signifie-t-elle pas aussi la fin de la Culture ? Question de la post-modernité : comment avoir une seconde nature, si on n'en pas déjà pas une première ? Que dire alors de ce paradoxe "nebenzahlien" : "La nature n'est pas immuable", et pourtant "Le temps ne passe pas" ?

PAROLE.

"Il n'y a rien hors de la parole"(Nebenzahl) : Parce que sur tout ce qui est écrit le système de Hegel, ou la pensée unique, ou le cognitivisme, ou le positivisme, ont une emprise, un pouvoir de récupération ? Sauf, justement sur les textes de la non-philosophie, mais pour combien de temps encore ? La parole n'est-elle qu'un « discours sonore » ?

PASSION.

Spinoza : le malin génie de Descartes est peut-être une hypothèse absurde, mais la jalousie d'Othello peut être définie dans l'Ethique (Pars III, Proposition 35, scholie) ? Descartes aurait analysé les passions, mais pas celle du malin génie ?

PAUVRETE.

Le Président Macron lutte contre les inégalités ? Monsieur le Président, Voici une liste de questions sans réponse, et laissées ouvertes par l'actualité. (1) L'Etat se désengage-t-il de la lutte contre la pauvreté ? Il appauvrit les seniors de la classe moyenne ? (2) N'est-ce pas Anatole France aussi, dans l'île des pingouins, un texte cité dans les manuels de finance publique, qui dit que la richesse des riches doit profiter aussi aux pauvres ?  C'est ainsi qu'Anatole France justifie la TVA, n'est-ce pas ? C'est une référence en théorie économique.  Pour un gouvernement qui privilégie l'approche théorique pour défendre ses mesures, cela devrait interpeller. Est-ce que le gouvernement n'est pas à côté de la plaque finalement ? Voilà, si vous avez des éléments de réponse, n'hésitez pas à faire une déclaration dans la chaîne de l'actualité. Merci.

PHILOSOPHIE.

Qu'est-ce que la philosophie ? Une science littéraire. La critique littéraire chez Walter Benjamin, ne s’est-elle pas appropriée, pour cela, la notion de critique chez Kant et Fichte ? Après la réunification géographique, il y a en principe, les recherches sur l'identité culturelle allemande, la réunification culturelle, non ? L'Allemagne est juste un exemple, je pourrais prendre un autre pays, la France, mais c'est toujours plus difficile d'être objectif quand on en fait partie. Justement, la philosophie première de Fichte n'est-elle pas une théorie de l'identité, basée sur une déconstruction de l'Etre commencée dans la critique de Kant ? Quel est l'apport de cette philosophie première aux développements culturels que l’on observe chez Walter Benjamin ? Peut-on parler de la naissance d'une science littéraire chez Benjamin par exemple, basée sur une critique de la culture de masse ? La société de l'information ne commence pas avec les développements de l'informatique, mais le 19ème siècle est déjà plongé dedans avec le journalisme ? La Doctrine de la science : science de jour, au sens de cette expression chez F. Jacob (dans La Souris, la mouche et l’homme, F. Jacob, éd. Odile Jacob), mais « science littéraire » ? Fichte a-t-il rendu possible une science littéraire ? Jusqu'à Benjamin. Néanmoins il y a une dualité de Fichte. Malgré sa manière de ressaisir l'unité de la philosophie kantienne et de se positionner à son sommet comme celui qui va au bout de la déconstruction de l'Etre : le double apport respectif de Machiavel et de Rousseau (à travers la pédagogie de Pestalozzi), dans ses projets de réformes culturelles est-il tenable sans contradiction ? Fichte aurait-il censuré des passages de Machiavel, pour le rendre vertueux, mais doté d'une moindre "virtû" politique ? Fichte est-il « plus rigoureux que Kant », selon Hegel (Préface aux Principes de la philosophie du droit), parce qu'il rejette son cosmopolitisme plat, tout en revenant à ce qu'il trouve essentiel chez Kant : la déconstruction de l'Etre ? Fichte : La paix dans la guerre ? Fichte : L'art de se faire des ennemis ? La France de Heine et l'Allemagne de Heine ? Doctrine de la science : Ersatz des Lumières ? Dans les dialogues patriotiques de Fichte, faut-il être contre Fichte pour être du côté de la culture allemande (Hoffmann, Kleist, Bach...) ? Comme dans la pièce Les femmes savantes, il faut être contre Molière pour être du côté de l'émancipation des femmes ? L'identité allemande : une fédération sans régionalismes ? Fichte : Le lien entre l'attitude de Pasteur et celle de Machiavel par rapport à la Fortune ? Pour articuler doctrine de la science et essais politiques. Pourquoi aujourd'hui peut-on dire qu'Angela Merkel est la personnalité politique qui incarne le mieux le profil type indiqué par Fichte comme le plus apte à gouverner ? - Parce qu'elle a une formation scientifique, n'est-ce pas ? Pourtant Fichte aurait-il pu écrire le programme politique de Trump ? Généraliser les préceptes de Machiavel ou s'en défier ? "Humain, trop humain" : le républicanisme de Machiavel, selon Fichte ? Fichte, Hegel : les désillusions de la Révolution française ? Un exemple de précepte de Machiavel : Une justice clémente qui libère les terroristes est-elle un grand service à la Démocratie ? La citation : "On n'en est plus au Courage de Platon !" (Nebenzahl) n'est-elle pas déjà présupposée pour Machiavel ? Nebenzahl c'était un professeur qui avait lu Kant en allemand, et qui avait parlé avec Joseph Beuys. Hegel inactuel contre la barbarie nazie : Cours d'Esthétique (Vol.1, trad. Lefebvre, p.282-283) ? Franchement, à quoi cela servirait-il de faire des études de philosophie si on ne lisait pas toute l'œuvre de Hegel ? Etonnant que la théorie de l'identité que l'on croirait la plus solide, rigoureuse, celle qu'on trouve chez Fichte, conduise à une théorie de l'ironie, n'est-ce pas ? Une citation de Nebenzahl qui est très hégélienne : "Le théâtre nous montre comment sortir des pièges que nous nous sommes tendus" est une une référence transparente au Cours d'esthétique de Hegel (Introduction, Volume 1, Aubier, traduction Lefebvre, p.68). Lire ce que Hegel, Schopenhauer écrivent sur Goethe, c'est pas mal aussi. Hegel fait de l'histoire elle-même un mythe, sublime comme les mythes de Platon.  La démarche scientifique chez Hegel ne semble pas différente au premier abord du mode d'explication des mythes, qui recherche des causes absolues aux phénomènes. Pourtant Lacan a montré comment Hegel avait su anticiper sur des résultats de la psychanalyse. La structure de la philosophie hégélienne, et la structure de l'inconscient ont des points en commun. La critique de Lacan porterait en revanche sur le finalisme, l’anthropocentrisme chez Hegel.

 

Softskills de la philosophie : (1) Etre plus exigeant sur les plans détaillés des démonstrations et des synthèses, et sur l'orthographe sans non plus que cela soit une fin en soi. (2) L’étude de Machiavel éveille-t-elle le sens des initiatives ? (3) Apprendre qu'il est important de ne pas manquer le début d'une démonstration. C'est pareil en informatique, si vous manquez le début de la démonstration, cela part dans tous les sens, n'est-ce pas ? La philosophie c'est avant tout "apprendre à apprendre", et oublier ou désapprendre ce qui est indigeste, non ? Elle est basée sur le travail des notions. André Lalande a montré avec son dictionnaire, qu'on pouvait pratiquer le travail des notions sans Hegel. André Lalande c'est peut-être pire que Marx. Je parle du travail des notions d'un point de vue sémantique, comme Nebenzahl qui disait : "Lisez non pas tellement les commentateurs des philosophes, mais plutôt ce que disent les philosophes des autres philosophes. Par exemple ce que dit Bergson de Kant, etc. » Donc la philosophie fait partie encore des "softskills", tout comme l'apprentissage des langues étrangères, qui nous permettront de passer la vague de la révolution de l'informatique. Lalande : un dictionnaire de philosophie faisant table rase de Hegel ? La philosophie à l’ère de la mondialisation nous apporte quoi en fait ? Ne serait-elle pas un moyen d’accéder au contenu latent des différentes cultures ? Apprendre une langue étrangère est une chose, mais ce n’est encore qu’un moyen d’accéder au contenu manifeste de la culture étrangère, n’est-ce pas ? De même que la psychanalyse accède au contenu latent des rêves, la philosophie accéderait au contenu latent des différentes cultures, à travers le vecteur du langage. Dès lors la philosophie n’est pas seulement un moyen de renforcer le rayonnement culturel d’un pays, mais un moyen d’enrichir les échanges culturels. 

 

L'homme ordinaire ou la barbarie ordinaire ? Voici un extrait de la barbarie ordinaire, j'explique après pourquoi : https://www.youtube.com/ watch?v=iG9CE55wbtY&feature=youtu.be J'explique pourquoi maintenant. Je ne suis pas vraiment d'accord avec ce qu'il dit dans la vidéo. Camus est devenu écrivain, et il a dit que c'était grâce à son instituteur. Ensuite, les universités existent depuis le Moyen Age. La critique des professeurs universitaires a été faite en premier par Giordano Bruno. Donc il n'y a rien de nouveau ici et ce n'est pas l'industrie qui produit les universités. En revanche, pour assurer l'indépendance de la science et donner accès au plus grand nombre à la culture, l'université a un rôle principal à jouer. Enfin quand on connaît la biographie de Shakespeare, on sait que c'est le seul de sa famille à qui ses parents ont payé l'école. Entre nous c'est plutôt la télévision et les jeux électroniques qui tuent la créativité. Que la philosophie soit écrite par des universitaires et pour des universitaires, cela est en grande partie vrai, et cela ne date pas de Kant, mais c'est depuis que les universités existent, depuis le Moyen Age. Exception faite sans doute d'un livre d'Oresme sur l'argent écrit pour le roi. Autrement, le monde clos des universitaires a toujours été un peu décalé par rapport à l'univers infini des pratiques de la cité. Cela n'empêche pas qu'aujourd'hui ces institutions, remises en cause par la révolution informatique, sont garantes de l'indépendance de la science, et l'accès du plus grand nombre à la culture, non ? Le système d'Aristote est-il mieux mis en évidence chez les commentateurs qui défendent sa doctrine, que chez Aristote lui-même, à la lecture directe de ses livres ?

 

L’albatros (Baudelaire) : image du philosophe chez Platon, et G. Bruno ? Giordano Bruno : le retour aux Grecs (Renaissance) signifie-t-il la suppression de la séparation entre monde intelligible et monde sensible faussement introduite par les commentateurs dans l'interprétation des textes de Platon ? Alors en fait, la critique de la non-philosophie que l'on dit radicale, est aussi une répétition en elle-même, car elle n'est pas vraiment nouvelle, puisque c'est une reprise de la critique de Giordano Bruno dans son dialogue De la cause, du principe, et de l'un. (Edition Belles Lettres, p.88)

 

L’exemple de Heidegger en termes de rigueur : les plans détaillés qu’il donne à la philosophie ? N’est-ce pas ce que tous les professeurs attendent de leurs élèves, y compris Nebenzahl, Laruelle. Mais pourquoi Heidegger ne semble-t-il s'intéresser à un philosophe que s'il est Grec ou Allemand ? La connaissance de l'un chez Fichte, ou Laruelle, mène-t-elle à celle de l'être comme un, ou bien l'être et le néant sont pareils ? Il n'y a pas de dualité dans l'Un, entre le singulier et l'universel, parce que l'Un de Laruelle n'est pas le Singulier de Nebenzahl. Explication par Hegel ? Sauf si vous êtes touché par les deux. Ne peut-on pas dire alors "Vae soli" (Expression latine : "Malheur au solitaire") ? C'est pourquoi la critique de la non-philosophie ne neutralise pas la philosophie non standard ? Marguerite Duras n'en a rien à faire du déconstructivisme de Derrida ? Que peut faire l'université de tous les étudiants qui ne seront pas professeurs ? « Le philosophe et la cité" : vaste sujet, trop vaste pour être réservé à l'université. Où sont passé les étudiants qui innovent ? Comment distinguer un professeur de philosophie et un philosophe ? Peut-on encore enseigner la philosophie à l'université ?

 

La tâche de la philosophie : rendre compréhensibles des œuvres d'art authentiques et immortelles du passé aux époques suivantes (Hegel d’après le Cours d’esthétique, vol.1 trad. Lefebvre, Aubier) ? Qu'est-ce que la philosophie ? Apprendre à lire et à écrire.

 

Le « malheur radical » (Laruelle) c’est surtout que lorsque Kant veut parler de la pratique, il fasse une théorie. Depuis l’idéalisme allemand en fait, la philosophie est faite pour et par des enseignants, c'est-à-dire des fonctionnaires.

 

Les racines de la philosophie sont-elles plutôt dans la religion ou bien dans l'athlétisme ? Ce qui est extérieur profite bien à la philosophie, pour cela il vaut mieux encore qu'elle ait ses racines à l'air, plutôt qu'essayer de les plonger dans la religion, n'est-ce pas ?

 

"Hegel und seine Zeit" (K. F. Göschel) : sorte de portrait photographique de Hegel ? Kant : fonder la science métaphysique ou en montrer l'impossible errance ? "Heine, délivre-nous de tout idéalisme allemand".

 

La pensée de Platon n'est-elle pas unilatérale lorsqu'elle réclame que l'on "brûle" les textes de Démocrite ? Or, selon Aristote c'est Démocrite le premier qui a posé la question de l'essence. Pourtant les grands commentateurs de Platon, tels que Hegel, Heidegger, n'ont de cesse d'appliquer aux écrits de Platon cette question. Est-ce que des schémas de pensée démocritéens étrangers à la philosophie de Platon y sont introduits, ou bien est-ce une appropriation par Platon des nouveautés de Démocrite indirectement ?

 

La philosophie : est-elle surtout travail des concepts, qui repose sur sa cohérence interne (comme chez Hegel, Heidegger...) ou bien est-ce qu'il faut dire que tout ce qui est extérieur à la philosophie est bon pour la philosophie (Canguilhem, Deleuze, Nebenzahl) ? La non-philosophie fait-elle le jeu de la culture de masse face à l'idéalisme ? N'a-t-elle pas considéré comme essentiel ce qui n'était qu'apparent dans la philosophie ?

 

POSITIVISME.

Qui est positiviste : Comte, Durkheim, Tarde, Russell, Serres ? Positivisme et Nihilisme : Charybde et Scylla contre le Gai Savoir ?

PREJUGE.

Nebenzahl : L’inconscient collectif remet-il en question l’inconscient freudien alors que celui qui a écrit le Malaise dans la civilisation serait exempté des préjugés bourgeois de l’époque et s’exprime avec fermeté sur ses positions. De même, Sartre a pu s'exempter des préjugés bourgeois de l'époque en écrivant la biographie de Flaubert ? Parce que Flaubert a écrit un dictionnaire des préjugés bourgeois de la classe sociale à laquelle Sartre appartenait. Et Adorno : la lucidité de Hegel face à la bourgeoisie nous éclaire-t-elle sur notre situation aujourd’hui ?

RELIGION.

C'est quoi Mahomet ? C'est simple, c'est un poème de Goethe, et aussi une pièce de théâtre de Voltaire. L'ignorance ou le savoir absolu qui conduit à la religion ? Même dans les exploits militaires de Samson ou de David dans l'ancien Testament, il n'y a rien d'aussi énorme que l'exploit de Coriolan imaginé par Shakespeare, capable de prendre une ville comme Rome à lui seul. Histoire des religions : Puisque Abraham a vécu avant Moïse, comment le monothéisme hébreu a-t-il pu être copié par Moïse d'une forme de monothéisme égyptien, selon l'hypothèse freudienne ? Histoire des religions : Le plus vieux parchemin du Nouveau Testament est-il écrit en syriaque ou en hébreu ? Selon Carlos Ghosn, dans sa première autobiographie Citoyen du Monde, le syriaque devait être la langue du Christ, car le plus vieux parchemin retrouvé est écrit en syriaque. Extase religieuse : entre névrose et hystérie ? La religion : une logique sociale face à la logique individuelle de la science ? Dostoïevski : Peut-on ne croire en rien ? Le bouddhisme est-il une forme de nihilisme, ou est-il dionysiaque ? W. Benjamin et M. Weber : le capitalisme comme religion ? G. Bataille : l'essence de la religion et le destin des Incas est-ce équivalent ? Le mariage, pas plus que le parrainage, n’est une institution spécifiquement religieuse. D’ailleurs, pour les sociétés archaïques il n’est rien d’aussi absurde que le célibat des moines et des nonnes occidentales. L'anthropologie structurale : différences culturelles face à la modernité ?

REPETITION.

Pire que Laruelle, pour Tarde ce n'est pas seulement le philosophe qui est condamné à se répéter, mais tout travailleur ne fait jamais que répéter un premier acte qui n'émane pas de lui-même mais d'un inventeur antique ou récent. (Gabriel Tarde, La logique sociale, Synthélabo, p.474)

REPRESENTATION.

La photographie : une crise de la représentation, par la démocratisation de l'art, c'est à dire une extension du sens du concept d'art, comme dans les œuvres de Beuys ?

REPUBLIQUE.

Les dialogues de Platon font la gloire de tous les membres de sa famille. Même Critias, un sombre meurtrier, mais comme il était un cousin de Platon, il a eu droit à un dialogue à son nom. C’est ça la République aussi. Dans quelle République moderne peut-on trouver aussi une ségrégation de certaines catégories de personnes ?

RISQUE.

Comment concilier l'optimisme leibnizien avec le fait que Leibniz soit précurseur du système des assurances ? Le calcul des risques chez Leibniz.

SCHEMA.

Schémas de la pensée : s'en libérer ou les préserver ? Le latin pour Rimbaud, l'aristotélisme pour G. Bruno.

SCIENCE.

N'est-ce pas au fond Giordano Bruno qui montre la fantaisie des arguments d'Aristote en cosmologie, et qui en même temps avoue son intérêt pour la magie pour faire avancer la médecine, comme Paracelse ? La cosmologie et les instruments de mesure du temps ? Le modèle du calendrier dans la cosmologie égyptienne antique ?  Le modèle de l'horloge dans la cosmologie aristotélicienne ? Descartes a-t-il reproché à Galilée d'avoir ouvert la voie à la science moderne par hasard, en faisant des essais avec le télescope, et sans lui donner un fondement théorique suffisant ? Mais le terrain était préparé par les spéculations de Giordano Bruno, n'est-ce pas ? En théorie, peut-on donner des preuves vivantes ? Les sommets de la sociologie sont-ils derrière nous : Tarde, Weber, Simmel ? La non-philosophie peut-elle vraiment devenir une science humaine ayant un nouveau paradigme de science non molle, mais dure ? Quelle est la place de l'autre dans la logique du tiers exclu ? Aristote : penseur du juste milieu, et penseur, à la fois, du tiers exclu ? La logique sociale de Tarde permet-elle de sortir de l’impasse de la logique du tiers exclu des sciences dures ? La critique des systèmes philosophiques de Claude Bernard rejoint-elle la critique de la non-philosophie ? Pourtant la non-philosophie est aussi sévère envers les sciences humaines, qu'envers les systèmes philosophiques. Peut-on faire l'économie de Dieu dans la sociologie des religions ? Le livre de Darwin (De la filiation de l'homme, et la sélection liée au sexe) semblerait pouvoir jouer le rôle d'un chaînon manquant entre les "sociétés closes" et les "sociétés ouvertes" définies par Bergson, n'est-ce pas ? Il ferait disparaître la dualité s'il y en a une. Il remplacerait un mixte par une articulation. Bergson et Einstein : le même débat qui oppose Berkeley et Newton ? Les sciences génériques sont-elles indépendantes de la société ? Entre Descartes qui commence par se réchauffer avec un poêle, et Bachelard qui finit avec la poétique du feu : l'épistémologie non cartésienne n'est-elle que l'image inversée de la première ? Pascal était-il cartésien ? Le talon d'Achille d'une pensée non euclidienne comme la théorie de la relativité, selon Bergson : l'assimilation de la simultanéité et de l'instant, qui ne serait qu'une persistance de la pensée euclidienne. Pour Bergson le métaphysicien est celui qui arrive à pénétrer l'intérieur des choses, leur essence vraie. Ainsi, lorsque F. Jacob raconte comment J. Monod s'est identifié à un être unicellulaire pour pouvoir faire une découverte fondamentale en microbiologie, n'est-ce pas un exemple aussi pertinent qu'un autre ?

Darwin : La sélection naturelle aurait-elle dû favoriser les espèces les moins égoïstes ? L'anthropologie structurale : la vérité sur le patriarcalisme au-delà des frontières occidentales relègue-t-elle au rang de mythe le théâtre d'Euripide sur la condition de la femme ? A la recherche d’un lien entre Bateson et la schizophrénie anticapitaliste selon Deleuze ? - Paul Bains : Il existe une sorte de lien. Vous savez peut-être que 'Plateau' dans 1000 Plateaux est inspiré d'un essai de Bateson sur la culture balinaise .... (cf. Bringing Deleuze and Guattari down to Earth through Gregory Bateson: Plateaus, Rhizomes and Ecosophical Subjectivity by Robert Shaw, 2015). Le virus et le capitalisme : Ça me rappelle la fin du roman de Wells la guerre des mondes. Marx critique le système esclavagiste russe : n'a-t-il pas été devancé par le rousseauisme, dont Tolstoï cultive les idées dans Anna Karenine ? Mais critiquer le système esclavagiste n'est-ce pas déjà critiquer le stalinisme ? L’intervention de l’Etat dans l’économie pourrait être une résurgence des procédés de contrôle collectif familiers aux sociétés primitives ?  Le néolibéralisme : une menace pour la structure culturelle, le lien social ? Une régression vers des structures collectives semblables à celles observées chez des insectes ? Le "capitalisme sans capital" :  Faire l'économie de Marx ? Piketty : du côté de chez Keynes ou chez Marx ? Ce que Marx a dit de vrai ? Sartre qui l'a dit, c'est La critique de la raison dialectique.

 

 

SINGULIER.

 Le singulier est-il trop pauvre pour savoir ce qu'est l'éthique ?

SOUTENIR (une POSITION)

W. Benjamin a-t-il cédé là où finalement G. Simmel n'a pas cédé ? C'est Nebenzahl qui le dit, alors il faut enquêter, vite. Exemples : Dans Critiques et Recensions, Benjamin critique vertement le rôle de la SDN, non ? Dans un ensemble de Fragments Benjamin suggère que le Capitalisme est une idée religieuse, peut-être ? Dans Critiques et Recensions, Benjamin fait aussi une critique salée des étudiants de philosophie qui sont des moins que rien, non ? Dans Critiques et Recensions, Benjamin annonce la fin de la culture, pas ça, non plus ?

SOUVENIR

Psychanalyse : développement photographique des souvenirs ? Mais que faire des Ecrits de Lacan, si l'on n’est pas soi-même psychanalyste ?

STRUCTURE.

Tétralogos (Laruelle) : choc des titans philosophèmes ou tératologie ? Et, Nebenzahl : « Pourquoi faites-vous toujours des plans en trois parties ? »

SYSTEME.

La question n'est pas de savoir si la philosophie est système ou pas système, la question est plutôt de savoir où dans le dispositif européen, ou un autre, mais pas forcément dans le système universitaire, l'innovation est la plus florissante, n'est-ce pas ? Que serait le système de Hegel, le savoir absolu, sans la découverte de Champollion et sans la logique formelle de Fichte ? Je cherchais le fondement de la philosophie de Hegel en pensant que cela devait bien se rattacher à une découverte scientifique quelconque dissimulée par l'ensemble. Pour l'instant je crois en avoir trouvé deux. A savoir la logique formelle cette branche des mathématiques, dont Fichte a posé les bases modernes, et la découverte de Champollion sur permettant de traduire les hiéroglyphes. Voilà ce qui devrait rester les apports scientifiques indépendants de la pensée unique qui anime l'idéalisme allemand.

TECHNIQUE (Voir aussi DIFFERENCE, LANGAGE OBJET, PROCESSUS, RESEAU, SYSTEME, TECHNOLOGIE).

Après la "prose du monde" (Hegel), et le "désenchantement du monde" (Weber) : Peut-on croire à un réenchantement du monde par la digitalisation (Serres) ? Le mode de travail des informaticiens est-il un modèle d'agilité ? Hegel inactuel analyse la société de contrôle deux siècles avant l'ère numérique, dans son Cours d'Esthétique (Vol. 1. trad. Lefebvre, p.244-245) : Est-ce que cela ne s'appelle pas de la science-fiction aussi ? Face aux sociétés de contrôle : "éloge de la piraterie" (Michel Serres/ Buroughs) ou "retour à la horde sauvage ou à une forme de vitalisme" (Gilles Deleuze) ? La digitalisation sert-elle plus à l'Etat, c'est à dire au secteur public ou bien plus au secteur privé ? Communiquer avec des emails lorsqu'on est dans la même pièce, n'est-ce pas le sommet de l'activité du fonctionnaire type ? Quel est le point commun entre les icônes des applications informatiques et les hiéroglyphes ? Entre l’architecture égyptienne et l’architecture en informatique : architectures souterraines ? Que faire avec les informations « non consistantes » dirait peut-être Hegel devant les médias ? La science physique : modèle pour s’approprier le développement de l'informatique ? Modèles physiques et mathématiques pour penser l'informatique : matrices à n dimensions, et circuits électriques ? Facebook : va-t-il mettre Le carnet du sous-sol online et en live ? Simondon inactuel : Le mode d'existence des Objets dans Active Directory ? A propos de Michel Serres : Les techniques douces, de l'ère de la communication sont-elles plus neutres que les techniques dures de l'ère de la production, ou bien reconduisent-elles le même schéma, la même logique de domination ? La virtualisation des servers est-elle l'aboutissement d'une évolution qui a commencée avec d'abord la théorie de la relativité comme théorie de la quatrième dimension, puis avec le développement du calcul des matrices à n dimensions dans l'algèbre moderne ? Virtualisation des servers des ordinateurs : le capitalisme sans capital ? L'informatique se renie-t-elle avec les notions de "maître", "objet", "ontologie" ? Ces notions sont en contradiction avec les débuts de la cybernétique chez Bateson. Comment parler de l'informatique ? Les générations Z : qui n'auraient connu que Webern et Schönberg, mais pas Mozart ? Selon Gilles Deleuze c'est dans un vitalisme renouvelé que l'on peut trouver l'énergie nécessaire pour se libérer dans les sociétés de contrôle, qui sont l'aboutissement d'une biopolitique. Selon Dominique Folsheid nous n’avons plus besoin de Deleuze, de fait puisqu’il est mort, et d’une mort grotesque, selon Folsheid qui porte un tel témoignage du haut de l’école doctorale en « Ethique médicale ». Il doit y avoir quelque chose de philosophique dans cela. Pourtant, selon Bergson, on ne se libère pas des sociétés closes qui ne visent qu'à leur propre conservation vitale, sans faire appel à une autre source, qui est l'exemple donné par la vie des personnalités illustres, pour progresser vers l'universalité. Lire la vie des philosophes (la vie de Socrate par Xénophon, la vie de Diogène...etc.). Digitalisation : vers un fonctionnement plus démocratique des entreprises ? Vaut-il mieux apprendre à conduire avec un portable ou l'interdire ? Internet a rendu la télévision complètement obsolète pour l'information. La télévision c'est l'hystérie collective 24/24. Pendant que Newton écrit ses travaux, Londres était touché par la lèpre. S'il avait eu la télévision, il aurait dit peut-être : c'est la fin du monde ! et cela nous ferait une belle jambe.

THEATRE (chez Nebenzahl) :

Les comédies de Molière sont-elles, comme la critique de Fichte le fait remarquer (Machiavel et autres écrits philosophiques, Fichte, éd. Payot), de pâles reprises de Térence et Plaute, comparées à l'originalité des comédies de Machiavel, le premier auteur de comédies modernes même avant Shakespeare ?

TOUT.

« Il y a tout dans la philosophie de Platon. Y compris le point de vue contraire à celui de Platon. » (Jacqueline Lichtenstein) ; « Il y a tout dans la philosophie de Hegel. » (Jacqueline Lichtenstein) ; « Il y a tout dans la République de Platon. » (Anouk Barberousse)

UNIQUE (PENSEE).

Exemple par une réflexion : Dans son Cours d'esthétique (Cours d’esthétique, Hegel, Volume 1. Traduction Lefebvre, édition Aubier), Hegel donne une interprétation unique de la Divine comédie de Dante. Le problème est que j'avais compris autre chose quand je l'avais lue.  On peut aussi lire les objections que traite Fichte, pour mieux se défendre de la pensée unique ? Fichte dans la Doctrine de la science, comme Russell avec les Principes mathématiques ont-ils travaillé également pour une pensée unique ? Pourtant, Marcuse oppose dans l'homme unidimensionnel l'hégélianisme face au positivisme. La non-philosophie est-elle à l'abri de la pensée unique ? Qu'est-ce que "la pensée unique" ? Selon de Gaulle en 1931 : "Aujourd'hui, l'individualisme a tort. Partout se fait jour le besoin de s’associer ; Il n'est pas de métier qui ne devienne corporation. Les partis ne parlent que de règles et d’exclusions ; Le sport groupe ses fédérations et dresse ses équipes. En même temps, la forme agglomérée et précipitée de la vie impose à l'atelier, au bureau, dans la rue, une discipline de fait dont la rigueur eût révolté nos pères. Le machinisme et division du travail font reculer tous les jours l'éclectisme et la fantaisie. Quelles que soient les tâches et les conditions, la force des choses répartit en tranches égales pour tous le labeur et le loisir. L'instruction tend à s'unifier. Les logements sont homothétiques. De Sydney à San Francisco, en passant par Paris, on taille les habits d'après le même patron. Il n'est pas jusqu'aux visages qui ne commencent à se ressembler. Sans conclure, peut-être avec M. Maeterlinck, que l'humanité tende à la termitière, on voit bien qu'elle désapprouve l'indépendant et l'affranchi. Il ne tient qu'à l'armée de tirer parti d'une telle évolution." (Le fil de l'épée, De Gaulle, p.88)

 




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